Quelques dizaines de pages après « Clown Town », le dernier roman de Mick Herron, deux espions vétérans partagent un banc à Londres. Il s’agit de Jackson Lamb et Diana Taverner, personnages fictifs notoires du MI5, le service de renseignement britannique. Les fans de « Slow Horses », la série Apple TV adaptée des précédents livres de Herron sur Slough House, reconnaîtront le duo comme les personnages joués avec un professionnalisme vif et une gravité calleuse par Kristin Scott Thomas et Gary Oldman.
Ces acteurs incomparables contribuent en grande partie à l’attrait de la série, mais la Grande-Bretagne dans laquelle ils habitent – fatiguée, cynique, accrochée aux restes en lambeaux de l’ancienne gloire impériale – est construite à partir des phrases pleines d’esprit et en tire-bouchon de Herron.
Et ce banc, comme d’autres où Lamb et Taverner se rencontrent avec une certaine régularité à la fois sur l’écran et sur la page, n’est guère un meuble urbain fortuit. Il contient non seulement leurs clochards bureaucratiques vieillissants, mais aussi une lourde charge de signification littéraire et sociologique.