Le docteur Hequet arrive à la barre. Ce médecin, âgé de 67 ans, cheveux blancs et lunettes bleues, a expertisé Cédric Jubillar à deux reprises durant l’enquête, en juillet et en octobre 2021.
« Dès mon premier examen, il était à l’isolement et il m’a dit d’emblée qu’il n’avait pas beaucoup de temps à m’accorder. » Il continue : « Tout doucement, nous avons réussi à établir un dialogue. Il a un bon contact avec la réalité, pas de trouble du jugement. Il n’était pas du tout décompensé. »
Il dit qu’il est innocent, qu’il va sortir rapidement, « il exprime une certaine colère, il constate des dysfonctionnements par rapport à son incarcération, évoque les surveillants qui l’appellent par son prénom. […] Il y a une colère maîtrisée. »
Concernant son addiction : « Il a une consommation extrêmement importante de tabac et de cannabis, depuis son incarcération. Il est sevré. Il fume régulièrement depuis l’âge de 12, 13 ans. Concernant le cannabis, il dit qu’il en consomme de longue date, 10 à 25 joints par jour. » Il est en sevrage en détention. Avant son incarcération, sa consommation représentait 250 € par mois. Le cannabis « ne l'a jamais rendu agressif ni suspicieux. » Le psychiatre note « une consommation extrêmement conséquente mais maintenue, qui a un effet antistress. »
Concernant l’alcool, cela lui permet de se désinhiber, « il dit ne pas être agressif quand il en consomme ».
Il regarde la télévision et lit, il n'a pas le droit à la visite. Il dort cinq heures par nuit avec une sieste en journée. Il reçoit un traitement contre l'anxiété.