Qui met le feu à l'Amazonie ?

France Guyane - 13/10
Jean Rouge est une vieille connaissance des grands propriétaires terriens et des petits éleveurs de l'Amazonie brésilienne.

C’est un ami qui nettoie les pâturages, mais aussi un ennemi qui détruit les terres et les arbres, menaçant la plus grande forêt tropicale de la planète.

"Jean Rouge" est son nom dans le jargon local. Ailleurs, on l'appelle: le feu. 

Son usage est si ancré dans le système d'élevage local qu'il est souvent difficile d'y renoncer, ont constaté des journalistes de l'AFP en s'aventurant dans la municipalité de Sao Felix do Xingu, terre de cow-boys dans le nord du Brésil.

En 2024, les flammes, attisées par une sécheresse inédite liée au changement climatique, ont consumé près de 18 millions d'hectares de l'Amazonie brésilienne, un record historique.

La déforestation, que le président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva a promis d'éradiquer d'ici 2030, a augmenté de 4% en un an jusqu'en juillet, après une baisse de 30% l'année précédente.

Pour la première fois, plus de forêt tropicale a brûlé que de pâturages.

Mais la majorité des incendies a commencé sur des terres agricoles avant de se propager à travers une végétation asséchée. 

"Le feu est une méthode bon marché pour entretenir le pâturage", explique sous son chapeau de toile Antonio Carlos Batista, 62 ans.

Ce propriétaire d'une terre aux 900 têtes de bétail à Sao Félix do Xingu sait de quoi il parle.

L'année dernière, la municipalité a enregistré le plus grand nombre d'incendies du pays: plus de 7.000. 

"La main d'œuvre coûte cher, les pesticides aussi. Ici, nous n'avons aucun financement public", dit-il. Pendant la saison sèche, de l'essence et une allumette suffisent. La pratique est courante. 

Quand quelqu'un va allumer un feu, il dit: "Je vais embaucher Jean Rouge!", raconte Antonio Carlos Batista.

Aujourd'hui, en Amazonie, "le grand défi est la déforestation par incendies", estime auprès de l'AFP la ...
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