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André Manoukian : "La construction de la musique occidentale, c'est l’histoire d’une longue dés-orientalisation"
Matthieu Giroux - Marianne -
12/10
Avec « La Sultane », qui sort ce 10 octobre, André Manoukian propose un jazz revigoré par l'apport de rythmes orientaux. Le pianiste sera en concert à la salle Pleyel à Paris, le 28 mars 2026.
André Manoukian, visage de la Nouvelle Star au début des années 2000, est avant tout pianiste, compositeur, et passionné de jazz. Depuis cinq albums, il explore ses racines arméniennes en ouvrant sa musique à des sonorités orientales. Son précédent album, Anouch (2022), il le dédie à sa grand-mère, rescapée du génocide arménien. Dans La Sultane, un surnom affectueux que les mères arméniennes donnent à leurs filles, il poursuit cette recherche musicale, et nous emmène du Caucase au Proche-Orient en passant par Vienne et l'Espagne. Auprès de Marianne, il se confie sur ses goûts et sur ses sources d'inspiration.
Marianne : Quel livre a marqué votre adolescence ?
André Manoukian : C’est Vendredi ou les Limbes du Pacifique de Michel Tournier (1967). Mon prof de français de l’époque était un peu barbant, il s’est fait remplacer par une stagiaire vivante, qui parlait de littérature avec passion. C’est elle qui nous a conseillé ce livre. C’est un roman initiatique, on suit le parcours psychanalytique de Robinson Crusoé vers l’élévation spirituelle. Dans un premier temps, l’homme civilisé est victime de la nature, il finit par la régenter. À la fin, il décide de rester sur l’île car elle lui donne accès à la sexualité solaire, qui corresp... [Courte citation de 8% de l'article original]
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