CORONAVIRUS - Sous différentes formes, le débat revient inlassablement depuis le début de l’épidémie de Covid, alimenté en ce début d’année par la sortie choc d’Emmanuel Macron sur les non-vaccinés. Face à l’engorgement des services d’urgence et de réanimation, cela fait bientôt deux ans que les soignants sont contraints de faire des choix: déprogrammer telle ou telle opération, tenter de sauver un patient plutôt qu’un autre, consacrer ou non des moyens humains et matériels à un cas désespéré...
Ces interrogations prennent une nouvelle dimension alors que la proportion de personnes non vaccinées est toujours aussi importante parmi les malades nécessitant des soins lourds. À tel point qu’une question est posée par certains soignants: faut-il continuer à permettre aux non-vaccinés de bénéficier de soins prioritaires par rapport aux malades souffrant d’autres pathologies que le coronavirus?
Un dilemme résumé par le professeur André Grimaldi, fondateur du collectif inter-hôpitaux qui alerte depuis des années sur la déliquescence de l’hôpital public. Dans une tribune publiée par Le JDD le 2 janvier, il pose cette question: “Les non-vaccinés doivent-ils assumer aussi leur libre choix de ne pas être réanimés?” Une manière de dire qu’en refusant de recevoir le vaccin contre le coronavirus, les citoyens exercent certes un choix libre, mais qu’il ne faut pas oublier qu’ils prennent en même temps et en conscience le risque accru de développer une forme grave de la maladie.