En juin, j'ai eu l'honneur d'intervenir au World Expression Forum, à Lillehammer, en Norvège. L'événement, majeur, réunissait des participants qui, souvent, avaient pris des risques réels pour exprimer leurs opinions dans des contextes périlleux. Mais, en échangeant avec les autres conférenciers et en les écoutant à la tribune, j'ai été frappé par une hostilité diffuse à l'égard de toute conception exigeante de la liberté d'expression.
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À en croire la plupart, la « désinformation » constituerait l'une des plus graves menaces pour la démocratie, justifiant des politiques étatiques d'une intrusion extrême censées « protéger » l'espace public, quand ceux qui s'y opposent au nom de la liberté d'expression ne seraient, au mieux, que des libertariens évaporés ou, pire, des admirateurs secrets de Donald Trump ou de Vladimir Poutine. À un moment, à un autre participant, j'ai tenté une blague en lui disant n'avoir pas tant l'impression d'assister au Forum mondial de la liberté d'expression que de la censure. (J'ai fait un four.)
Alors, quand vint mon tour de parole, je me suis senti obligé de rappeler, et avec force, l'importance de la liberté d'expression, et d'inviter les participants à se regarder dans la glace. Et, puisque les pays européens ne cessent d'imposer de nouvelles restrictions – et que m...
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