Dette : "La France ne peut plus se permettre la volatilité politique"

Kévin Boucaud-Victoire - Marianne - 07/10
Selon l’économiste Jean-Luc Ginder, la France vient d’entrer dans une zone de turbulence inédite. La hausse des taux d’intérêt à long terme depuis la démission de Sébastien Lecornu porte le message suivant : la dette française n’est plus perçue comme une valeur refuge. Une thèse catastrophiste ? Peut-être, et même sûrement pour les fidèles lecteurs de « Marianne », mais le déroulé argumentaire fait réfléchir. Et mérite à tout le moins un débat.

Les marchés n’ont pas de mémoire, mais ils ont des réflexes. Lorsque l’incertitude politique s’installe, les investisseurs vendent. Ils ne cherchent ni à comprendre ni à attendre : ils arbitrent. Or, depuis la démission du chef du gouvernement, c’est précisément ce qui se produit. En l’espace de quelques heures, les taux à dix ans ont augmenté, creusant un écart inquiétant avec ceux de l’Allemagne. Cette flambée n’est pas un épiphénomène. Elle traduit une dégradation structurelle de la confiance. Quand un pays aussi central que la France voit ses taux rejoindre, voire dépasser, ceux de l’Italie, c’est toute la hiérarchie financière de la zone euro qui se trouve bouleversée. Chaque point de base gagné sur les taux, se traduit par des charges supplémentaires pour les finances publiques.

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