Ancien ministre et figure majeure de la gauche marocaine, Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), est aujourd'hui l'une des voix les plus critiques de l'opposition. Depuis plusieurs mois, il dénonce un « vide politique » et l'affaiblissement des canaux de médiation entre l'État et la société, qu'il impute à la gestion du gouvernement d'Aziz Akhannouch.
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Alors que la jeunesse marocaine descend massivement dans la rue pour réclamer une éducation publique digne et un système de santé accessible, la crise actuelle semble confirmer ses mises en garde. Mais au-delà de la seule responsabilité de l'exécutif, c'est la crédibilité de la classe politique dans son ensemble qui est mise en cause, face à une génération qui ne se reconnaît plus dans les structures traditionnelles du pouvoir.
Dans un entretien au Point Afrique, Nabil Benabdellah alerte sur un pouvoir sourd aux signaux d'alerte et sur une génération qui refuse désormais le silence.
Le Point Afrique : En envoyant son mémorandum directement au roi, la GenZ 212 affiche son rejet des partis et du système politique. Quelle est votre lecture de cette colère ?
Mohamed Nabil Benabdallah : Je peux comprendre ce cri de colère. Il traduit avant tout le climat politique actuel, marqué par un véritable vide, par un affaiblissement de l'encadrement de la jeun...
[Courte citation de 8% de l'article original]