Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Demain, un nouveau direct consacré à la journée d’audience sera lancé en début de matinée. D’ici-là, vous pouvez retrouver l’ensemble de nos articles consacrés à l’affaire en cliquant ici.
Près de cinq ans après la disparition de Delphine Jubillar, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, le procès de son mari, Cédric, se tient devant la cour d’assises du Tarn, à Albi. Cette infirmière de 33 ans, mère de deux enfants, n’a plus donné signe de vie depuis cette nuit-là.
Ce matin, nous avons entendu Dominique Alzéari, ancien procureur de la République de Toulouse. Les avocats de la défense, qui l’ont cité comme témoin, ont critiqué sa conférence de presse tenue en juin 2021, la jugeant uniquement à charge et entachée de faux éléments. « Les éléments que j’ai communiqués étaient les éléments à ma disposition à ce moment-là », a répondu le magistrat. Cet après-midi, deux experts sont revenus sur l’activité du téléphone de Delphine Jubillar la nuit de la disparition.
Le procès est entré dès la première semaine dans le vif du sujet. La cour s’est penchée sur les personnalités de Cédric et Delphine Jubillar et sur les expertises (téléphonie et recherches cynophiles). La défense de Cédric Jubillar a longuement questionné - et bousculé - le directeur d’enquête et plusieurs gendarmes primo intervenants.
Merci à toutes et à tous de nous avoir suivis. Demain, un nouveau direct consacré à la journée d’audience sera lancé en début de matinée. D’ici-là, vous pouvez retrouver l’ensemble de nos articles consacrés à l’affaire en cliquant ici.
Dominique Alzéari, l’ancien procureur de Toulouse, a été entendu par la cour d’assises du Tarn, ce lundi matin. Les avocats de Cédric Jubillar lui reprochent d’avoir « crucifié » leur client lors d’une conférence de presse. Retrouvez le récit de mon collègue Pierrick Baudais :
L’ancien procureur de Toulouse a-t-il « crucifié » Cédric Jubillar ?Place à la dernière experte de l’après-midi. Cette ingénieure en informatique d’une cinquantaine d’années est la présidente du laboratoire forensic data, où travaillaient ses deux collègues entendus plus tôt. Elle dit en pas avoir d’éléments à ajouter.
Pas de questions, l’audience est suspendue jusqu’à demain matin, 9 h.
Une question (rhétorique) de Me Franck, avocate de la défense : « Vous dites que très peu d’activités sont répertoriées par Google, on peut donc considérer que dans la nuit des faits qui nous intéressent, rien n’exclut qu’il y en a eu d’autres ? ». Donc, « rien n’exclut qu’il y a pu y avoir d’autres activités après 6 h 52 ? » L’expert confirme.
Puis, une question de Me Nakache, avocat des parties civiles : si quelqu’un avait coupé le doigt de Delphine, aurait-il pu s’en servir pour déverrouiller le téléphone ? « Je ne sais pas répondre du tout », répond l’expert, mi-amusé, mi-surpris.
Un téléphone peut être dévérouillé par différents moyens, rapelle l'avocat général, notamment via code de secours. « Si je n'arrive pas à le dévérouiller avec mon empreinte digitale, mon téléphone me demandera un code classique », note Nicolas Ruff. L'expert confirme : pour le téléphone de Delphine, il s'agissait d'un code à six chiffres.
« Tout ce que vous avez tracé, ça s'est passé dans la zone F ? », demande Me Boguet, avocat des parties civiles. L'expert, là aussi, confirme.
L'expert confirme auprès de l'avocat qu'une fois le téléphone dévérouillé, il est possible d'en changer le code.
« Peut-on savoir si dans la nuit du 15 au 16 décembre la fonction lampe toche a été utilisé ? », demande Me de Caunes, avocat des parties civiles. L'expert répond : « Je ne vais pas pouvoir vous répondre. Je n'ai pas trouvé de trace, mais ça ne veut pas dire qu'elle n'a pas été utlisée. »
Il revient sur une notification « discover » qui date de 6 h 54 le 16 décembre. Une notification vide. « On a essayé de reproduire cette trace, nous n’y sommes jamais arrivés », note l’expert.
En conclusion, il faut garder en tête « que seule une petite partie des manipulations sont tracées chez Google », rappelle l’expert. « Toutes les manipulations tracées et reproduites entre le 15 et le 16 décembre proviennent de manipulation humaine sauf les discover. À 6 h 52, on a le déverrouillage du téléphone qui était forcément verrouillé par un code. »
L’expert nous projette une trace appelée « com.huawei.android.launcher » , qui apparaît après qu'une application est lancée.
Cette trace apparaît le 16 décembre à 6 h 52. « Cela correspond toujours au déverrouillage du téléphone, qui comporte un code, soit numérique, soit biométrique », explique l’expert.
Trois experts ont tenté de nombreuses manipulations pour reproduire le journal de traces de Delphine Jubillar. « Il y a très peu de choses tracées, enregistrées par Google », note d’abord l’expert. « Si bien que nous n’avons pas trouvé de logique : pourquoi telle trace est retenue et pas une autre. »
« Par contre, ce qu’on a pu identifier de manière irréfutable, c’est que tous les horaires donnés sont les bons. Ce dont on est sûrs, c’est que tous les horodatages sont justes. Donc, si on ne trouve pas de trace dans le journal d’activité, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de manipulation du téléphone. Juste, que Google ne l’a pas tracé. » « Par contre, si on a une trace, on peut affirmer que le téléphone a été manipulé et que l’horaire est juste. »
Toutes les traces analysées cette nuit-là proviennent de manipulation humaine, note l’expert.
Chaque téléphone Android est associé à un compte Gmail, rappelle l’expert. Ce compte permet de synchroniser des données (photos, navigation internet…). Tout utilisateur d’un Android peut demander l’extraction de ses données à Google, note-t-il.
La victime avait deux comptes Gmail, dont les données sont fusionnées dans cet exposé, explique le spécialiste du CNRS. « Nous avons au départ, toutes les données qui sont stockées par ce téléphone que nous n’avons pas, on a analysé ses archives », expose-t-il.
« On a surtout analysé l’activité du téléphone dans la nuit du 15 au 16 ». Il fait projeter une page de son rapport où est exposé un exemple des traces relevées. On voit une trace Snapchat avec un horodatage à 22 h 16, ou la consultation d’une chanson de John Legend sur YouTube à 20 h. On voit également des notifications envoyées par Google, appelées « discover », en général, de la pub ou de la météo.
On entend un nouvel expert, un ingénieur au CNRS et expert judiciaire. Il présente lui une analyse sur deux comptes Gmail de Delphine Jubillar. Il rappelle n'avoir jamais eu le téléphone en sa possession.
Me Martin, avocat de la défense, pose des questions sur les antennes déclenchées par Delphine Jubillar dans la journée du 15, notamment lorsqu'elle est allée chercher son fils à l'école. L’expert est difficilement audible car il ne parle pas dans son micro pour y répondre.
Les débats sont assez techniques. Me Franck prend la suite de son confrère. Elle se demande quelle surface représente la zone identifiée par l'expert (appelée « la zone F »), zone où le téléphone de Delphine Jubillar a déclenché cette nuit-là. L'avocate a elle fait un calcul et trouvé une surface de 515 000 m2, soit environ 74 terrains de foots aux standards internationaux.
À 22 h 55, Delphine écrit à son amant, et vraisemblablement, son téléphone est avec elle dans la maison, note Me Boguet, avocat des parties civiles. Et jusqu’à 23 h 48, il n’y a pas d’événement réseaux significatifs : « J’en déduis que le téléphone est resté à la même place. » « Ou a très peu bougé », précise l’expert. De l’ordre de quelques mètres.
Donc quand les voisines entendent les cris (aux alentours de 23 h), le téléphone était au domicile, en déduit l’avocat.
Nicolas Ruff, avocat général, interpelle l’expert sur une cellule déclenchée sur un relais situé plus loin du domicile dans la soirée du 15.
Ce n’est pas significatif, selon l’expert, qui note que ce relais n’a été déclenché qu’une fois. « Un événement, pour moi, ce n’est pas suffisant. Je n’écris dans le rapport que ce dont je suis sûr. »
La présidente interpelle l'expert sur le deuxième téléphone de Cédric Jubillar. Dans celui-ci, il y avait très peu de choses : deux SMS datés de mars 2012 ainsi qu'une carte SD avec des photos datées de 2011. « La dernière trace d'activité de ce téléphone est de mars 2012 », indique l'ingénieur.
Quand il n’y a pas d’évènements réseaux, c’est que le téléphone est immobile ou presque, note l’expert.
Le téléphone de Delphine Jubillar semble presque immobile entre 22 h 26 jusqu’à 22 h 53, lorsque l’application Snapchat est lancée, retrace-t-il.
Entre 22 h 53 et 23 h 48, « de nouveau le téléphone est immobile », puis, de 00 h 11 jusqu’à 1 h 33 du matin, à nouveau, « le téléphone est immobile ». À 00 h 07 et 1 h 34, les experts notent un « événement de déverrouillage du téléphone. » Enfin, de 1 h 49 jusqu’à 7 h 48, « il n’y a pas d’événement », le téléphone est donc resté à la même place ou a été très légèrement bougé.
Si Delphine s'était déplacée dans le lotissement avec son téléphone, « elle aurait déclenché des évènements réseaux...
[Courte citation de 8% de l'article original]