En ce jeudi matin du 5 juillet 1962, le secteur de la Medina Jdida ("ville nouvelle") d’Oran vibre de joie. Des milliers de manifestants venus des quartiers périphériques, majoritairement musulmans, se rassemblent pour célébrer l’indépendance de l’Algérie. Ils marchent vers le centre-ville, où vivent encore une centaine de milliers d’Européens, dont une très grande part de Français. Au sein d’un cortège hétéroclite, des femmes dansent au rythme des tambourins, des adolescents défilent en uniforme de scout, des fellahs ("paysans") pieds nus circulent à dos de mulet, des hommes en vêtements traditionnels chantent des airs révolutionnaires.
Tous convergent vers la mairie, où il est prévu que des membres de l’Armée de libération nationale (ALN), la branche armée du Front de libération nationale (FLN), hissent un drapeau algérien. Mais à mesure que la foule avance, l’atmosphère devient lourde.
Des civils armés s’attaquent aux pieds-noirs croisés sur leur chemin
Soudain, peu après 11 heures, des déton...
[Courte citation de 8% de l'article original]