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Elles sauvent la dernière grande forêt d’Afrique de l’Ouest
Paul Lemaire - Le Devoir -
27/09
Des communautés de femmes protègent le complexe forestier Taï-Grebo-Sap de la déforestation à l’œuvre dans la région.
Les derniers rayons du soleil peinent à percer l’épaisse canopée des forêts primaires du sud-est du Liberia. Les plus téméraires s’échouent dans la fumée du camp de base du parc national de Sapo. C’est bientôt l’heure du repas pour Cia Kombou, écogarde, et les membres de sa patrouille exclusivement féminine. Si la composition de cette équipe mérite d’être soulignée, c’est que les femmes sont aujourd’hui au cœur de nouvelles méthodes de conservation des grandes forêts tropicales primaires sur plusieurs continents. Avec ses plus de 5000 km2 de forêts à cheval entre le Liberia et la Côte d’Ivoire, Taï-Grebo-Sapo fait figure d’exception dans la préservation des forêts primaires d’Afrique de l’Ouest, alors que la Côte d’Ivoire a perdu presque toutes ses forêts en un demi-siècle — il ne reste que 6 % de couvert forestier — et que le Liberia pourrait bientôt vivre le même drame. De part et d’autre de la frontière, les ONG locales et internationales misent sur les femmes des communautés riveraines pour protéger ces forêts primaires. Elles sont recrutées comme écoguides, écogardes ou relais communautaires. Selon ces organismes, la santé économique d’un village reflète celle de la forêt. Plus concrètement : si un foyer dispose de ce dont il a besoin, il n’a pas à puiser dans la forêt. Dans cette équation et selon certaines chercheuses et initiatives sur le terrain, les femmes s’avéreraient souvent plus efficaces. « Quand les femmes sont impliquées dans la conservation, la forêt est protégée, résume Lucky, directrice du Sapo Ecolodge Enterprise. S’il n’y en a plus, nous ne vivrons plus ; la forêt est notre avenir. »
1 Les écogardes du sud du parc national de Grebo-Krahn. Dans cette région, elles sont six femmes à composer des patrouilles mixtes. À leur retour de patrouille, les écogardes effectuent des opérations de sensibilisation auprès de leurs concitoyens. Paul Lemaire
2 À gauche : Ma’Nellie est une écogarde du parc de Grebo-Krahn. Elle se tient dans son salon en dur, qu’elle a pu construire grâce à sa paie. Au mur, les photos de ses enfants et petits-enfants. « Ce travail me vaut le respect de ma communauté. Les hommes nous écoutent quand on leur dit de ne pas aller en forêt. » Le statut social que l’emploi confère aux femmes permet de changer les habitudes des villageois sur leurs activités dans la forêt, selon une gran... [Courte citation de 8% de l'article original]
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