Nos écrivains migrateurs

Catherine Lalonde - Le Devoir - 27/09
Les réactions aux propos de Kim Thúy remettent en lumière la place qu’occupe l’immigration dans notre littérature.

Imaginons notre grande bibliothèque québécoise sans les livres de Kim Thúy. Sans ceux de Caroline Dawson. Ôtons les oeuvres d’Éric Chacour, de Dany Laferrière, de Wajdi Mouawad. Soustrayons Sergio Kokis, Ying Chen, Abla Faroud, Émile Olivier, Rodney Saint-Éloi. Et effaçons Maria Chapdelaine aussi, le roman fondateur, en 1913, de notre littérature nationale, écrit par un Louis Hémon qui n’a vécu que deux ans ici. Tous des auteurs émigrés et immigrés au Québec.

« Il y en a tellement », dit en soupirant Simon Harel, professeur en littérature et relations interculturelles. « C’est la littérature québécoise elle-même qui souffre si ces gens-là ne sont plus présents. »

Quand il a publié en 2003 son Dictionnaire des écrivains émigrés au Québec, 1800-1999 (Nota bene), Daniel Chartier voulait « donner une idée historique de l’importance de l’...
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