Marché du luxe africain #1 – La maturation en marche

Viviane Forson - LePoint - 01/01
ANALYSE. C’est peu de dire que le secteur du luxe en Afrique est en ébullition. Illustration : créateurs, entrepreneurs, experts ou influenceurs s’y confrontent de plus en plus.

L’événement a réuni, sur trois jours, quelques-uns des acteurs clés du secteur, mais aussi de jeunes professionnels les rêves plein la tête. Fin octobre, dans un luxueux hôtel d’Abidjan, la capitale ivoirienne, Hapsatou Doro, jeune femme d’affaires franco-sénégalaise, a lancé la première édition du Forum du luxe en Afrique francophone. Celui-ci a mis en synergie entrepreneurs, patrons de concept stores, experts, acheteurs, porteurs de projets. De quoi échanger sur les opportunités d’investissement sur un luxe « made in Africa » de plus en plus attractif.

Plusieurs indices illustrent une montée en puissance du secteur, comme l’atteste Hapsatou Doro. « En début d’année, j’ai effectué plusieurs voyages d’affaires dans différentes capitales africaines. Un constat m’a sauté aux yeux : l’émergence de marques haut de gamme et exceptionnelles africaines, l’implantation croissante de géants internationaux un peu partout sur le continent, des ouvertures d’hôtels de luxe et de restaurants gastronomiques », énumère enthousiaste, au bout du fil, celle dont le CV prestigieux atteste une immersion chez Mac Cosmetics (Estée Lauder), la Maison du chocolat, Philips, ou encore Kendo Brands (LVMH).

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Un marché « made in Africa » prometteur

La croissance économique de plusieurs pays ces dernières années et l’essor démographique de l’Afrique ont donné naissance à une classe moyenne aisée en expansion qui sous-tend la demande croissante de produits de luxe. Et même si la pandémie de Covid-19 a des effets dévastateurs sur les économies africaines, il faut tenir compte du fait que le secteur du luxe, sur ce continent, s’inscrit dans une perspective à long terme.

L’Afrique abrite aujourd’hui au moins 130 000 millionnaires et 22 milliardaires en dollars américains, selon l’Africa Wealth Report 2021, de la banque mauricienne AfrAsia Bank. Le secteur du luxe africain était évalué à 6,1 milliards de dollars en 2018, et ce chiffre devrait augmenter de 30 % au cours des prochaines années, pour atteindre 2 600 milliards de dollars d’ici à 2030. Ce qui fait de l’Afrique la deuxième région du monde à la croissance la plus rapide pour la consommation de produits de luxe, juste derrière le Moyen-Orient. « Avec une population jeune croissante associée à une urbanisation et à des dépenses de consommation en croissance rapide, l’Afrique offre des opportunités pour les entités souhaitant se développer sur de nouveaux marchés frontières », a conclu le cabinet Euromonitor International dans une récente étude.

Ahoua Touré, fondatrice de la maison Mandjou, spécialisée dans la fabrication de tisanes et biscuits raffinés, valorise la culture ivoirienne à travers des recettes sophistiquées et naturelles composées à 100 % d’ingrédients locaux. Quant aux noms des créations, ils rendent, entre autres, hommage à des reines africaines. © Forum du luxe

Cela dit, il « serait prématuré de citer des noms, car, sur le continent, les consommateurs plébiscitent en majorité les marques internationales, nuance Nelly Wandji, consultante en marketing et fondatrice du cabinet de curiosités Moonlook. Les marques africaines n’ont pas encore de systèmes structurels qui leur permett...
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