Il s’était plusieurs fois relevé, contre toute attente, des atteintes de la maladie. Cette fois-ci, elle l’a emporté. José Fort s’est éteint ce vendredi matin à l’hôpital d’Ajaccio, accompagné de Martine, son épouse.
Dernier combat pour celui dont la vie avait débuté au cœur des tourments du siècle. Son père, fils renié de bourgeois lyonnais, s’était engagé lors de la Guerre d’Espagne, commandant dans les Brigades internationales. Il avait été si gravement blessé dans la bataille de Castille, qu’il avait perdu la vue.
Dans le train qui l’évacuait vers Moscou, il avait rencontré une infirmière républicaine qui allait devenir sa femme. Un creuset de feu où s’est forgé l’engagement de José, très jeune militant de la jeunesse communiste dans le Montreuil populaire, puis membre du secrétariat national de cette organisation dans les années soixante-dix.
C’est ensuite qu’il rentra à l’Humanité, à la rubrique internationale que dirigeaient des héros de la Résistance : Yves Moreau, Pierre Lescure ou Robert Lambotte. Parlant espagnol couramment, il devint correspondant permanent à Cuba d’où il couvrait l’Amérique latine. Risques compris.
Il en avait déjà pris lors de ce voyage dans la capitale chilienne écrasée par la violence de Pinochet où il se rendait pour transmettre aux dirigeants communistes clandestins des messages appris par cœur, et l’argent de la solidarité. « Je devais faire fils à papa en goguette, soigner mon hébergement,...
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