Le 10 août 2024, Romain Barras dressait un « bilan décevant » de ses ouailles aux Jeux Olympiques de Paris. Le directeur de la haute performance de la Fédération française d'athlétisme (FFA) louait, bien sûr, la seule breloque bleue, « cette sublime médaille d'argent » de Cyréna Samba-Mayela sur 100 m haies et notait une progression entre les Jeux de Tokyo (en 2021) et ceux de Paris. « On a un niveau qui s'est densifié depuis quelque temps : à la placing table (qui se base sur les finalistes), on avait 26 points à Tokyo, on en a 38 aujourd'hui, on a plus de finalistes (10, dont 3 relais), mais ça n'est pas encore suffisant. »
Sur les 7 finalistes individuels des Jeux (les trois relais ne seront pas évoqués ici), un seul a connu une belle saison post-olympique. Les autres ont dû traîner, plus ou moins longtemps, des blessures et ont dû s'absenter des pistes. Certains ont accroché in extremis le wagon des Championnats du monde de Tokyo, qui commencent dans la nuit de vendredi à samedi, et ne se présenteront pas dans les meilleures dispositions. D'autres, comme Samba-Mayela et Alice Finot, vont même manquer les Mondiaux.
Huitième de la finale des JO avec un meilleur jet à 77,38 m, Yann Chaussinand (27 ans) a réalisé une saison 2025 pleine. 81,56 m en février (3e perf française de tous les temps) à Saint-Denis, 81,91 m (2e perf française de tous les temps)... Encore à 81,14 m en juillet, le Clermontois, qui n'avait pas lancé au-delà des 80 m avant 2025, est très régulier. Et en bon 4e mondial, il visera une médaille au Japon, lui qui n'en pas encore décroché en grand Championnat. Il lui faudra peut-être faire tomber le record de France de Gilles Dupray (82,38 m en 2000) pour y parvenir.