Écrire ce top m'a manqué l'année dernière. Je n'avais pas le cœur à me moquer (parce qu'il s'agit souvent de cela) d'une industrie qui va vers le bas, marquée par la fermeture des salles. Mais là, a priori, c'est reparti pour durer. Et à l'heure où j'écris ces lignes, les cinémas sont sans doute sauvés parce qu'on n'a plus le droit d'y manger du popcorn. Ouf.
D'où l'idée de prendre un peu de films de 2020 et de mélanger tout cela à la crème de la crème de 2021. Ça n'a pas été deux années pleines, malheureusement entrecoupées par des arrêts, des reprises et des faux départs. Mais à chaque fois, pour presque toutes les comédies, c'était de véritables bouffées d'air frais derrière un masque FFP2.
Je sais très bien qu'en faisant un top sur deux ans, la sélection se fait de manière encore plus personnelle. Sur soixante-dix films, à la louche, j'ai décidé d'en garder trente. Exit les drames avec deux, trois vannes, même s'il y en avait des très biens comme À l'abordage. Mise à l'écart de France, le dernier Bruno Dumont, involontairement drôle tant il est caricatural. J'ai aussi décidé arbitrairement de ne pas parler de toutes les comédies des «petits chenapans». Zappés donc Ducobu 3, Les Blagues de Toto ou encore Le Trésor du Petit Nicolas qui, lui, est passé complètement sous le radar. J'aurais voulu avoir la place de parler de Barbaque, Mince alors 2! ou encore de L'Origine du Monde, toutes pas très réussies. Mais le prochain chiffre rond intéressant, c'était cinquante. Peut-être un jour en podcast, qui sait. Et puis aussi désolé Mandibules, la livraison annuelle du Dupieux-verse, je veux ainsi laisser un peu de place aux autres.
C'est aussi l'avènement d'un nouveau genre de comédie, celle qui nous vient des plateformes de streaming. Il y a d'abord les films qui ont choisi de s'y réfugier plutôt que de mourir. Netflix et Amazon se battent à coups de millions de dollars pour savoir qui va récupérer la plus pourrie. Et puis, on va sans doute voir de plus en plus de productions directement produites par elles. C'est un nouveau phénomène un peu accentué par le Covid mais avec lequel il va falloir désormais compter.
Et puis enfin, je n'ai pas inclus pour des raisons déontologiques Les Méchants pour la simple raison que j'y fais une figuration. Ce qui me permet de lancer un appel: si vous souhaitez être certain que votre film ne figure pas dans cette liste, contactez-moi. Une apparition, à peine une pige et hop, on n'en parle plus. Voyez ce que je suis prêt à faire après deux années de cinéma audacieux.
Rappel, ce top se lit de la fin (trentième et donc meilleur film) jusqu'au numéro un, le pire film de ces deux années. Les anciennes éditions de ce top sont disponibles ici: 2013 | 2014 | 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019.
La France manque de bons «mockumentaries» (ou «documenteurs» comme on dit en français). Et celui de Jean-Pascal Zadi et John Wax est tout simplement hilarant. Tirant à boulets rouges sur tout le monde et en particulier sur lui-même, Zadi invite toute une ribambelle de grands noms de la comédie, offrant à plusieurs de leurs comédiens les meilleures scènes qu'ils aient jamais tournées. Il y a les inoubliables Lucien Jean-Baptiste et Fabrice Éboué, au bout d'eux-mêmes, mais il ne faut pas oublier une autre star: Fary, dans son propre rôle fantasmé. Une prestation qui méritait un César. C'est bordélique, plein d'énergie et de bonne humeur sans se détourner de son sujet primordial, la place des Noirs dans le cinéma français. C'est l'anti-Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu?.
L'ère des romcoms au cinéma est désormais révolue. Elles ont toutes été absorbées et liquéfiées dans les plateformes de streaming qui les conçoivent selon des cahiers des charges précis et sans doute rébarbatifs, quitte à en faire des séries, beaucoup plus adaptées au «binge watching». Da...
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