Bernard Lahire : "Il n’y a pas de paradis scolaire dans le monde"

Louis Nadau - Marianne - 09/09
Dans « Savoir ou périr » (Seuil), Bernard Lahire questionne notre rapport à l'évaluation et à l'apprentissage. Le sociologue invite à repenser de fond en comble nos méthodes d’enseignement.

Le sociologue et directeur de recherche au CNRS Bernard Lahire publie aux éditions du Seuil dans la collection « Libelle » Savoir ou périr, un texte qui invite à repenser de fond en comble nos méthodes d’enseignement.

À LIRE AUSSI : Bernard Lahire : "Un relativisme généralisé a envahi les sciences sociales"

À ses yeux, notre obsession pour les évaluations et les classements en tout genre nous fait perdre de vue l’essentiel : le progrès de la science ne peut se faire que par un apprentissage en profondeur et l’entretien de la curiosité, une vertu d’enfant que le monde capitaliste étouffe.

Marianne : Dans votre libelle, vous critiquez un environnement scolaire et universitaire anxiogène qui privilégie l’évaluation permanente à l’apprentissage en profondeur. Marc Bloch, sur lequel vous vous appuyez, dénonçait déjà une situation similaire en 1943. Pourquoi nous obstinons-nous dans cette voie qui est, selon vous, dangereuse pour le développement du savoir ?

Bernard Lahire : Personne n’a conscience de ce lien entre peur de l’évaluation et perte de qualité de l’apprentissage ou perte de goût de la connaissance. Quand on déplore le fait que les mathématiques sont de moins en moins appréciées par les élèves au cours de leur scolarité, on se demande rarement si elles ne pâtissent pas du f...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...