Notre génération est-elle condamnée à vivre moins de 100 ans ? L’analyse du démographe Carlo Giovanni Camarda

Propos recueillis par Victor GarciaPublié le 05/09/2025 à 16:00 - L'Express - 05/09
Une nouvelle étude révèle un ralentissement des gains d’espérance de vie. Carlo Giovanni Camarda, l’un des coauteurs, décrypte cette tendance.

Pendant près de 90 ans, l’humanité a vécu une heureuse révolution. De 1850 à 1938, l’espérance de vie a grimpé de façon quasi mécanique et chaque génération vivait plus longtemps que la précédente. Ainsi, un bébé né en 1900 pouvait espérer vivre 62 ans en moyenne, contre 80 ans pour celui né en 1938. Si cette progression avait continué au même rythme, une personne née en 1980 aurait pu atteindre les 100 ans en moyenne. Sauf qu’une étude scientifique publiée le 25 août dans la revue PNAS nuance cette vision optimiste. Selon ses auteurs, la progression de l’espérance de vie s’essouffle. Leurs résultats viennent rebattre les cartes dans le débat sur l’espérance de vie - où s’opposent traditionnellement un camp "optimiste" et un "pessimiste" - en fournissant une analyse plus nuancée et surtout plus robuste méthodologiquement. Un changement crucial, alors que le vieillissement démographique bouleverse nos sociétés : des systèmes de retraite aux budgets de santé publique

José Andrade, de l’Institut Max Planck de démographie en Allemagne, Carlo Giovanni Camarda de l’Institut national d’études démographiques en France et Héctor Pifarré i Arolas, de l’Université du Wisconsin, aux Etats-Unis, ont analysé les données de mortalité de 23 pays riches, dont la France, depuis 1850. Ils ont ensuite projeté l’espérance de vie des générations nées entre 1939 et 2000 en suivant six méthodes statistiques différentes afin d’obtenir le résultat le plus robuste possible.

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Leurs résultats convergent : les gains d’espérance...
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