Sorj Chalandon, compagnon de doutes

Christian Desmeules - Le Devoir - 30/08
Dans son douzième roman, l’écrivain et journaliste raconte ses années de rue et de militantisme d’extrême gauche.

À 17 ans, fuyant un père violent, raciste et mythomane, auquel il a consacré quelques livres percutants, de Profession du père à Enfant de salaud (Grasset, 2015 et 2021), Sorj Chalandon a connu la rue.

Vingt ans après son premier roman, Le Petit Bonzi, son 12e livre, Le livre de Kells, est un peu le chaînon manquant entre les romans autobiographiques consacrés à son enfance meurtrie et ses engagements — le journalisme, l’Irlande.

« Tous les romans que j’ai faits sur l’enfance étaient toujours des romans écrits par un enfant battu qui cherche à comprendre pourquoi on le bat, pourquoi il a tort, qui cherche à comprendre son père. Mais je n’ai jamais écrit sur la révolte. Qu’est-ce qui m’a maintenu en vie avant que j’entre à Libération ? », confie l’écrivain et journaliste de 73 ans. Comment on fait une fois qu’on a passé le mur, qu’on a claqué la porte ? Comment fait-on pour vivre ? Faut-il tourner à gauche ou à droite dans la rue ?

Avant d’aller plus loin, Sorj Chalandon tient à « rassurer » ses lecteurs : il n’y aura plus d’autre livre sur...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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