Une étude d’imagerie réalisée sur des personnes amputées des bras révèle que la carte cérébrale du corps reste remarquablement stable même après des années. Cela remet en question l’idée de longue date selon laquelle cette carte cérébrale se réorganise complètement après la perte d’un membre pour compenser les parties manquantes. Cette découverte pourrait avoir d’importantes implications pour le développement des prothèses et des traitements contre la douleur des « membres fantômes ».
Le cortex somatosensoriel primaire (S1) est depuis longtemps connu pour sa carte corporelle très détaillée. Il régit notamment la sensation des membres et d’autres parties du corps. Il existe une théorie ancienne selon laquelle il se réorganise complètement à la suite d’une amputation en s’étendant dans la zone corticale avoisinant celle qui contrôlait auparavant ce membre.
Des expériences sur des singes ont par exemple montré qu’après une amputation, la région correspondante dans la carte S1 répondait aux signaux des parties corticales voisines, comme celles du visage. Des études d’imagerie sur des humains amputés ont également suggéré une redistribution des ressources corticales pour « compenser » les membres manquants. Cela a fait de la région S1, depuis plusieurs décennies, un terrain privilégié pour l’étude de la réorganisation corticale.
Cependant, de récentes études ont remis en question cette hypothèse, en faisant état de patients amputés rapportant toujours ressentir leurs membres manquants même des années après l’amputation. Ce phénomène, surnommé « syndrome du membre fantôme », semble engager des schémas neuronaux similaires à ceux d’individus valides. Les sensations fantômes rapportées étaient représentées sous la forme de signaux neuronaux intacts, comme si le membre amputé était toujours présent.
Cela a nourri un débat persistant quant à la question de savoir si l’amputation déclenche ou non une réorganisation corticale à grande échelle. Certains chercheurs ont également suggéré que les deux points de vue ne sont pas conceptuellement exclusifs, c’est-à-dire que la stabilité et la ré...
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