L'horreur, en substance, concerne la poreté. Nos terreurs prennent des formes variées, mais l'horreur sonde leur source unique et existentielle: la perméabilité terrifiante de nos frontières. Si les esprits peuvent nager du monde des morts, si le corps vivant peut se dégrader au point où il devient malléable ou possédé parasitiquement, quel espoir peut-il y avoir pour notre fantasme de sécurité et d'identité?
La dernière collection d'histoires de l'écrivain argentin Samanta Schweblin, son troisième en anglais, n'est peut-être pas catégorisable comme «horreur» au sens traditionnel, mais il partage avec le genre son noyau spirituel. Dans la vision de Schweblin, les barrières qui séparent une chose d'une autre - le recherché des indésirables, l'environnement du corporel, le non menaçant du violent et du chaotique - sont si poreux qu'ils sont inexistants. La véritable horreur, nous rappelle-t-elle, n'est ni un autre monde ni surnaturel, c'est simplement la reconnaissance des conditions fond...
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