POINT DE VUE. Mort d’un streamer en direct : la dignité humaine bafouée

Ouest France - 23/08
« Le fait que ces humiliations aient été médiatisées en direct aggrave l’atteinte à la dignité. Celles-ci ont été instrumentalisées comme spectacle pour générer un profit. Cette marchandisation de l’atteinte à la dignité renforce la gravité des faits : il s’agit d’une exploitation de la souffrance humaine, assimilable à une forme moderne d’asservissement et de dégradation publique. » Par Jean-Michel Debarre, docteur en droit.

On touche le plus haut degré de l’immoralité et de l’abject quand on apprend qu’une chaine de streaming a pu diffuser en direct des contenus violents, des harcèlements et des humiliations concernant un participant dont la mort a été filmée en direct.

La honte rejaillit sur ces plateformes hors de contrôle, sur les réalisateurs de ces contenus ignobles et sur les presque 200 000 abonnés de ce streaming, tous complices, violant le fondement éthique de dignité de chaque personne.

La Convention européenne des droits de l’homme interdit la torture ainsi que les traitements inhumains ou dégradants. Or, être publiquement insulté, humilié, harcelé et soumis à des violences en direct devant des spectateurs relève clairement de traitements dégradants.

Jean-Michel Debarre, docteur en médecine, institut de l'Ouest : Droit et Europe Rubrique Point de vue | DR ARCHIVES Voir en plein écran
Jean-Michel Debarre, docteur en médecine, institut de l'Ouest : Droit et Europe Rubrique Point de vue | DR ARCHIVES

« La dignité ne se négocie pas »

Le Conseil constitutionnel a reconnu que « la sauvegarde de la dignité de la personne humaine contre toute forme d’asservissement et de dégradation » est un principe à valeur constitutionnelle. Cela signifie qu’aucun comportement, même consenti, ne peut légitimement porter atteinte à cette dignité. La dignité est un axiome juridique intangible, nul ne peut y renoncer, pas m...
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