RÉCIT. Eleonore Baur, infirmière nazie, du putsch de Munich au camp de Dachau

Ouest France - 19/08
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Alliés, journalistes et observateurs sont marqués par la relative jeunesse des responsables du Reich. Notamment chez les femmes. Secrétaires, infirmières, gardiennes de camp… Le plus souvent, elles n’ont pas plus de 25 ans. Eleonore Baur fait figure d’ancienne en 1933, quand les nazis arrivent au pouvoir. À 48 ans, son vieil engagement et les liens qui l’attachent à Hitler en personne lui permettent d’occuper une place de choix dans l’appareil nazi.

Munich, 9 novembre 1923. Un peu avant 13 heures, 2 000 hommes rassemblés par Adolf Hitler, Hermann Goering et quelques autres investissent les rues de la capitale bavaroise dans l’idée de renverser le gouvernement de Bavière d’abord, celui de Berlin ensuite. Mal préparés, les putschistes se heurtent vite à une centaine d’agents des forces de l’ordre. Dans la cohue, un coup de feu part des rangs des SA. La police répond par une salve. Quelques instants plus tard, dix-huit morts — quatre policiers et quatorze militants nazis — jonchent le sol. Le putsch se termine dans un mélange de sang et de ridicule.

Arrêté deux jours plus tard, Hitler mettra sa détention à profit pour rédiger Mein Kampf : d’un échec retentissant, le petit leader nazi fait un événement fondateur. Dix ans plus tard, le 9 novembre 1933, le désormais chancelier imagine même une distinction sur mesure pour saluer ses fidèles de la première heure : le « Blutorden », l’Ordre du sang. Sur les 6 000 membres recensés, tous sont des hommes à une exception près : Eleonore Baur, alias Sœur Pia, une femme que le Führer connait alors depuis treize ans et qui marchai...
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