La Révolution constitutionnelle iranienne de 1906 aboutit à la création d’un parlement national (Majlès), au sein d’un État jusqu’alors gouverné selon les principes du despotisme monarchique qajar. Son déclenchement s’enracine dans une série de facteurs : mécontentement des élites marchandes face aux concessions étrangères, mobilisation du clergé chiite, circulation des idées constitutionnalistes venues d’Europe et du Caucase, et affaiblissement structurel de l’appareil étatique.
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La Révolution constitutionnelle iranienne de 1906 débouche sur la promulgation d'une constitution et la mise en place d'un parlement (Majles), qui remettent en question le pouvoir absolu du souverain. Cet événement, sans précédent dans le monde musulman à cette échelle, résulte d'un faisceau de facteurs structurels, politiques, économiques et intellectuels. Loin d'être une explosion soudaine, la révolution s'inscrit dans un processus de transformation progressive des rapports entre l'État, la société urbaine, les autorités religieuses et les puissances étrangères, amorcé dès la seconde moitié du XIXe siècle.
L’érosion de l’autorité qajare et la crise de l’État
Une monarchie en perte de légitimité
Depuis la fin du XVIIIe siècle, la dynastie qajare règne sur la Perse dans un cadre monarchique absolu. Cependant, au tournant du XXe siècle, cette autorité est largement contestée. Le shah Mozaffar ad-Din Qajar (règne de 1896 à 1907) incarne une monarchie affaiblie, perçue comme inefficace et déconnectée des réalités économiques...
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