Cet article est publié en partenariat avec Quora, plateforme sur laquelle les internautes peuvent poser des questions et où d'autres, spécialistes du sujet, leur répondent.
La question du jour: «Quel fait historique intéressant n'est connu de presque personne?»
La réponse de Vincent Guźniczak, amateur d'histoire soviétique:
Peu de gens savent que dans les années 1920, les bolcheviques ont essayé d'abolir l'institution du mariage en faveur d'un amour libre et d'une sexualité décomplexée –et qu'ils ont rapidement dû faire marche arrière à cause des problèmes sociaux en cascade que cette décision a provoqué en URSS.
Quelques semaines après la Révolution d'Octobre, les bolcheviques publient les premiers décrets soviétiques introduisant le mariage laïc et le droit au divorce. Ces mesures visent initialement à désacraliser le mariage traditionnel et religieux, considéré comme un vestige «bourgeois» du monde ancien, qu'il fallait à tout prix mettre à bas.
Moins d'un an après, le 16 septembre 1918, les bolcheviques font paraître le premier code de la famille soviétique, écrit avec la participation de la célèbre militante féministe Alexandra Kollontaï. Cette femme influente au parcours exceptionnel théorisa une approche marxiste de l'amour, articulant deux notions réunies dans le concept «d'amour-camaraderie», l'ancêtre du polyamour. Pour elle, le mariage et la fidélité devaient disparaître, remplacés par des rapports libres, sans engagements autres que le respect mutuel, où les partenaires –homme et femme– seraient égaux.
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Ce nouveau code de la famille suit cette ligne, et délégalise par ailleurs le mariage religieux. Seul le mariage laïc est désormais reconnu par la loi. Sonnant la fin de l'injonction de fidélité au sein du couple et de l'importance du cadre légal du mariage, il attribue aux enfants naturels (biologiques mais conçus hors du mariage) les mêmes droits qu'aux enfants légitimes (biologiques et conçus dans le cadre du mariage).
En parallèle, les lois touchant au divorce sont simplifiées, rendant la procédure quasi-automatique en cas de demande au tribunal. En 1926, le divorce est rendu encore plus facile par une nouvelle version du code de la famille, lui valant déso...
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