Sécheresses, effondrement des sols... Pourquoi face au changement climatique le retour du castor est une très bonne nouvelle

GEO - 15/08
Disparu de presque tout le territoire au début du XXe siècle, le castor a recolonisé de nombreuses régions françaises. Installée à Montlahuc, dans la Drôme, une famille de rongeurs inspire désormais des agriculteurs, qui reproduisent ses ouvrages.

Entourés de falaises, de pierriers et de forêts de résineux, le hameau de Montlahuc et sa ferme se nichent aux confins du Vercors et des Baronnies, près du village de Bellegarde-en-Diois, entre 800 et 1400 mètres d’altitude. Ses 40 habitants sont aux premières loges du réchauffement climatique : les sécheresses répétées fragilisent même les arbres que des vents violents finissent par renverser. En contrebas, le dégradé de vert des parcelles des 50 hectares cultivés de la ferme (le reste de la propriété de 1 100 hectares est composé de forêts) contraste avec l’aridité alentour. "Quelques années en arrière, la qualité des foins récoltés ici pour nourrir nos brebis, chèvres, vaches et chevaux ne cessait de se dégrader", explique Marc-Antoine Forconi, l’un des associés de l’exploitation. Tout a changé à la suite de l’installation, début 2020, d’une seule famille de castors d’Europe (Castor fiber), réduite à un mâle, une femelle et leur petit.

En trois ans, grâce à lui, une prairie ultra-sèche est devenue une zone humide

Issus d’une colonie présente en nombre à quelques kilomètres de là, en contrebas, sur le ruisseau de l’Aubergerie, ces individus se sont déplacés plus en amont de ce cours d’eau, jusqu’aux abords du village. Le rongeur a alors réalisé une démonstration de ses étonnantes capacités, ce qui tombait à point nommé. "Nous étions justement en quête de méthodes naturelles permettant de retenir l’eau, afin qu’elle ait le temps de s’infiltrer sur ces zones pentues", explique Marc-Antoine Forconi.

Si, avec sa fourrure brune très dense, le castor se fond dans le décor, malgré son 1,35 mètre de long (queue écaillée comprise), pour un poids oscillant entre 15 et 35 kilos, ses ouvrages, eux, attirent l’attention. "Sur cette parcelle très sèche dans laquelle on ne pouvait emmener les bêtes paître qu’une seule fois par an, tant l’herbe était rare, la famille de castors a d’abord creusé un fossé au milieu de la prairie, se souvient Marc-Antoine, avant de ramener des branches et de dresser des barrages sur le ruisseau de l’Aubergerie qui borde la parcelle et la sépare de la forêt. Sur les 5 000 m2 de cette prairie, 2 000 ont été ...
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