SEXISME - Il suffit de faire un tour dans les rayons maillot de bain des grandes enseignes pour s’en rendre compte. Les maillots de bain deux-pièces ne sont plus réservés aux adultes.
De Décathlon à Kiabi en passant par Okaïdi ou Du Pareil Au Même, toutes les marques proposent désormais ce maillot, aussi appelé bikini, en version enfantine. Il est composé d’un haut façon brassière ou triangle au motif girly, peut être à l’effigie d’Elsa de La Reine des neiges ou de Stella de la Pat’Patrouille, et est assorti d’un bas à nœuds ou à volants.
Si la plupart des enseignes commercialisent le deux-pièces pour les fillettes de 3 ans et plus, des versions bébés, disponibles dès l’âge de 6 mois, sont aussi disponibles. Pour Catherine Monnot-Berranger, chercheuse et autrice en anthropologie du genre, c’est bien la preuve que « le deux-pièces pour petites filles est entré dans les mœurs », analysait-elle en 2022 auprès de BFMTV.
Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. Si aujourd’hui, le bikini est aussi courant que le maillot une pièce dans les penderies des petites filles, il a longtemps été réservé aux femmes adultes. À son apparition dans les vestiaires féminins en 1946, il est précédé par sa réputation sulfureuse. Porté par des égéries sexy comme Brigitte Bardot et Marilyn Monroe, le bikini « dévoile trop de zones érogènes - le dos, le haut de la cuisse et, pour la première fois, le nombril - d’un seul coup », analyse l’historienne de la mode Audrey Millet dans l’ouvrage Les dessous du maillot de bain (éd. Les Pérégrines, 2022). « Symbole de l’indécence », il est même interdit pendant un temps en Belgique, en Italie et en Espagne.
Ce qui ne l’empêche pas de gagner du terrain au fil des décennies, jusqu’à être adopté par les plus jeunes. Dans les années 90, le bikini pour petites filles vient ainsi sérieusement concurrencer le maillot une pièce et surtout la culotte de bain, qui était jusqu’alors la norme pour aller se baigner jusqu’au début de la puberté. Cette dernière a d’ailleurs désormais pratiquement disparu, tout juste proposée au-delà de 3 ans par quelques enseignes.
De quoi questionner toute la symbolique que charrie ce vêtement, estime Céline Calvès, de l’association Parents & Féministes. « ...
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