Elles ont fasciné archéologues et préhistoriens, attiré des foules entières et, bientôt, suscité l'inquiétude : les fresques de chevaux, bisons, cerfs recouvrant les parois et le plafond de la grotte de Lascaux, découvertes en 1940 par quatre adolescents dans le Périgord noir. Ces œuvres sont devenues, en quelques semaines seulement, l'un des trésors archéologiques les plus célèbres au monde. Mais avant d'être classée, ouverte au public, puis menacée par le succès, la cavité qui les a préservés pendant environ 17 000 ans a connu un destin à rebondissements, que la presse de l'époque a retracé avec force détails.
Lascaux, une révélation en pleine guerre
Septembre 1940. Alors que la France est éprouvée par la guerre et l'Occupation, quatre jeunes, Marcel Ravidat, George Agniel, Simon Coencas et Jacques Marsal, explorent les coteaux calcaires qui dominent la Vézère, près de Montignac (Dordogne). Repérant une ouverture étroite dans un bois, ils s'y aventurent et s'enfoncent dans un couloir obstrué de pierres. Ce qu'ils découvrent ensuite dépasse tout ce qu'ils pouvaient imaginer. "Dans la grande caverne de l'entrée et dans les couloirs latéraux se trouvent des peintures en toutes grandeurs de la faune préhistorique, des gravures, des signes, décrit le quotidien régional La Petite Gironde le 29 septembre 1940. L'état de conservation des peintures faites en plusieurs tons est excellent."
Leur instituteur Léon Laval, alerté, prévient aussitôt l'abbé Henri Breuil, figure mondiale de la préhistoire, et Denis Peyronny, qui a fait connaître les sites voisins des Eyzies. Les deux experts confirment qu'il s'agit d'un "véritable événement dans l'étude de la préhistoire". Sous l'impulsion du préfet de ...
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