RÉCIT. Il a requis la perpétuité contre Nordahl Lelandais : Jacques Dallest raconte le procès Maëlys

Ouest France - 24/07
En février 2022, Jacques Dallest a requis la prison à perpétuité contre Nordahl Lelandais, lors de son procès pour le meurtre de Maëlys de Araujo, âgée de 8 ans. C’est la dernière fois de sa carrière qu’il a été avocat général dans un procès. Pression médiatique, pression populaire, aveux… Il raconte ce procès hors norme dans ce nouvel épisode de notre série d’été « Une affaire, un récit », consacrée à de grands dossiers criminels.

Ce 31 janvier 2022, la nuit est encore épaisse quand Jacques Dallest quitte son domicile d’Annecy, en Haute-Savoie. Il démarre sa voiture à 5 h 30 pour avaler la centaine de kilomètres qui le sépare du Palais de Justice de Grenoble. Dans le silence de l’habitacle, seul avec lui-même, il prépare la longue journée à venir. Il le sait : le calme ne durera pas.

Dans quelques heures, le procès de Nordahl Lelandais, jugé pour le meurtre de Maëlys, 8 ans, va s’ouvrir dans un tribunal plein comme un œuf, pris d’assaut par les journalistes et le public. Jacques Dallest va revêtir la robe rouge et l’hermine mouchetée de l’avocat général pour la dernière fois de sa carrière avant de prendre sa retraite. Durant ces trois semaines de procès, il soutiendra l’accusation au nom de la société française.

Retrouvez tous les épisodes de notre série « Une affaire, un récit », consacrée à de grands dossiers criminels

Une disparition une nuit d’été

Cinq ans plus tôt, Maëlys de Araujo, 8 ans, s’était évaporée lors d’une chaude nuit d’août, un soir de fête où l’on célébrait un mariage au Pont-de-Beauvoisin (Isère). Le lendemain, la gendarmerie avait lancé l’alerte, relayée par l’Agence France-Presse (AFP) et les caméras de télévision avaient submergé la petite ville. L’affaire, comme souvent dans le cas de disparitions d’enfants, a captivé le pays entier. Beaucoup de parents peuvent s’identifier à ceux de la petite fille. Maëlys a disparu à une heure de la nuit où les invités sont grisés et où l’attention se relâche. L’ambivalence si cruelle : le plus beau jo...
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