Au crépuscule, des cris stridents percent le silence. Les premiers faucons kobez arrivent dans la pénombre, attirés par des essaims de termites ailés jaillissant de la terre boueuse telles les gerbes d’eau d’un geyser. C’est l’heure du banquet. En quelques dizaines de minutes, plusieurs centaines de milliers de petits rapaces migrateurs, reconnaissables à leur plumage gris et, pour les mâles, à leurs pattes rougeâtres, remplissent le ciel humide de la province d’Huambo, perchée sur un plateau au cœur de l’Angola. Dans un vacarme infernal, les oiseaux gobent les insectes en plein vol. Ils sont si nombreux que leurs battements d’ailes produisent un léger courant d’air, venant rafraîchir le visage de Péter Palatitz qui se tient, attentif, à quelques mètres de là. Le scientifique hongrois de 50 ans, jumelles en main, observe avec fascination la masse mouvante des volatiles au-dessus de sa tête, comme envoûté. Malgré ses multiples séjours en Angola, le coordinateur de BirdLife Hungary, une association de protection des oiseaux, ne se lasse toujours pas du spectacle.
Dernière escale avant 8 500 km de vol migratoire
Chaque année en mars, les faucons kobez quittent le bassin du fleuve Okavango, à plusieurs centaines de kilomètres au sud d’Huambo, où ils viennent d’hiverner pendant six mois, pour rejoindre les steppes de l’hémisphère nord, où ils niche...
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