Le couac du passeport est loin derrière lui. Un an en arrière, l'oubli de sa pièce d'identité avait coûté à Victor Bosoni un aller-retour fatal par l'Allemagne, un apprentissage à la dure de l'intransigeance de la Transcontinental Race et ce concept « d'autonomie » qui régit la course reine de l'ultra-cyclisme.
Ce jeudi, après une préparation minutieuse, grâce à cette « vie de moine » qu'il décrivait dans L'Équipe au mois de mai, le Français de 23 ans est devenu le plus jeune vainqueur de l'épreuve qui traverse le continent européen, de Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne à Constanta en Roumanie, avec des points de passage obligatoires comme le Tourmalet dans les Pyrénées et une traversée de la mer Adriatique en ferry. Le Dijonnais a accompli cette incroyable odyssée en 10 jours, 16 heures et 38 minutes.
« Je ne m'en rends pas encore compte... Cette course, c'est presque le Graal pour moi, s'est ému Bosoni au téléphone, après une courte sieste à l'arrivée, ce jeudi. C'est la confirmation qu'il faut toujours y croire, se faire confiance. Rien n'est jamais perdu ! »
Car ce genre d'aventure comparable aux toutes premières éditions de la Grande Boucle au début du siècle dernier n'est pas sans embûche. Parti d'Espagne avec un rhume, Bosoni a vu sa santé se détériorer les premiers jours, perdant sa voix et peinant même à respirer.
Heureusement, cela s'est un peu amélioré en Italie, où il y eut aussi cette nuit insolite avant le jour fatidique pour prendre le ferry. « Si on le ratait, il fallait attendre 23 h pour prendre le prochain, relate le Français. Quand je faisais mes calculs, j'éta...
[Courte citation de 8% de l'article original]