Peur et dégoût à Bajaur alors que l'opération militaire se profile

Zia Ur Rehman - Dawn - 07/08
Que les négociations réussissent ou que les habitants de la ceinture tribale restent suspendus dans un calme difficile, pris entre les promesses de paix et l'ombre de la guerre.

Muhammad Hafeez travaille comme docker à Port Qasim à Karachi, mais son esprit est ailleurs ces jours-ci - à des centaines de kilomètres de là, en fait. Il fait constamment défiler les mises à jour Facebook à partir des pages locales et rappelle à la maison des proches pour rester informé des développements dans son village natal dans la région de Mamond de Bajaur, un ancien district tribal bordant l'Afghanistan.

Le village de Hafeez est l'un des nombreux situés le long de la frontière afghane qui se trouvent désormais sous un nuage d'incertitude tendue.

À la fin du mois dernier, les autorités ont imposé un couvre-feu dans certaines parties de Bajaur après avoir lancé une nouvelle campagne militaire, nommé l'opération Sarbakaf, destiné à des militants affiliés à l'État islamique de Khorasan (ISKP), à l'affiliation locale du groupe d'État transnational islamique, réglet dans la région.

L'opération intervient au milieu d'une augmentation de la violence militante au cours des derniers mois, notamment les meurtres ciblés de plusieurs personnalités politiques clés, telles que le chef du Parti national d'Awami, Maulana Khan Zeb, l'ancienne sénatrice Hidayatullah Khan, ainsi que plusieurs fonctionnaires du gouvernement dans les embuscades et les attaques explosives improvisées (IED).

La semaine dernière, le Jamiat Ulema-i-Islam-Fazl (JUI-F) a marqué le deuxième anniversaire de l'attentat suicide dévastateur lors de son rassemblement politique en 2023, qui a tué plus de 55 travailleurs du parti. L'ISKP avait revendiqué la responsabilité de cette attaque.

Efforts de médiation

Dans une tentative de désamorcer l'escalade des tensions, un Jirga, comprenant des anciens et des représentants politiques locaux, a lancé des efforts de médiation entre le TTP et l'État. Leur objectif principal est de prévenir une répétition du déplacement civil de masse, une expérience traumatisante qui reste profondément gravée dans la mémoire collective des habitants de la région.

"Nous ne voulons pas voir nos familles, en particulier nos femmes et nos enfants, une fois de plus forcée sur le...
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