Championne de France en 2012, à une époque où les coureuses cyclistes n’avaient de professionnelles que le nom et les perspectives de carrière étaient réduites au minimum, Marion Rousse agit désormais pour le développement de son sport en sa qualité de consultante et particulièrement de directrice du Tour de France femmes depuis 2022. En marge de la Grande Boucle, l’emblématique Marion Rousse a pris le temps d’échanger sur l’état du cyclisme au féminin.
Vous alertez régulièrement sur le caractère « fragile » du Tour de France femmes alors que, d’un œil extérieur, on perçoit surtout son immense succès populaire. Quels sont vos points de vigilance ?
En fait, on est là dans un rôle d’accompagnateur. Le cyclisme féminin s’est développé mais il n’est pas encore au même stade que le cyclisme masculin. Par exemple, on ne peut pas faire une épreuve de trois semaines tout de suite parce que le niveau n’est pas encore assez homogène entre toutes les formations devenues professionnelles il y a seulement trois ou quatre ans. D’autant qu’on ne veut pas tuer des courses qui existaient avant nous dans le calendrier.
Souhaitez-vous tout de même faire grossir l’épreuve ?
On ne se fixe pas de barrières ni de limites dans l’organisation, ce qui est déjà très bon signe. D’être passé de huit à neuf jours de course, au bout de trois éditions, c’est un signal fort envoyé ! Quand on va dans les paddocks et qu’on demande aux filles, elles apprécient le format actuel de la course. Alors qu’à l’inverse, on entend du côté des hommes cette envie de réduire. À mon sens, dix jours de course est un bon format dans les années à venir.
Y a-t-il un risque que le Tour soit une jolie vitrine mais que l’ensemble du cyclisme au féminin soit à la traîne derrière ?
C’...
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