La révolution «Tristan et Isolde»

Christophe Huss - Le Devoir - 02/08
Concert de clôture et événement du Festival de Lanaudière, l’opéra de Wagner sera donné dimanche.

Dimanche, le Festival de Lanaudière prendra fin avec un projet ambitieux et une musique hors norme : l’opéra Tristan et Isolde de Wagner, présenté en version concert sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Regard sur cette œuvre mythique, ses singularités et ses interprètes de légende.

Le choc est immédiat et il a marqué l’histoire de la musique. Wagner introduit d’emblée dans le prélude ce qu’on a appelé « l’accord de Tristan », qui bouscule totalement les règles harmoniques de l’époque. Pourquoi cet accord, et qu’induit-il ?

L’harmonie entre véritablement dans l’esprit de l’auditeur et relaie parfaitement l’idée que la partition entière est une métaphore du désir inassouvi. Instabilités et non-résolutions deviennent une forme de normalisation du bouleversement de notre perspective harmonique. Cette emprise du compositeur sur nos consciences est si forte que les accords « normaux » (on entend du do majeur à la fin de l’acte I) paraissent étranges.

Amour impossible

Quel est donc ce désir, quelle est cette impossibilité ? Comme dans le Ring (œuvre dont Wagner a gelé la conception aux deux tiers pour se plonger dans la création de Tristan et Isolde), il est trè...
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