Le dernier Shah de l'Iran était une figure de la tragédie shakespearienne: extérieurement hautaine et magnifique, intérieurement peu sûre et indécise, un Richard Persan II, auto-estimant même dans sa propre chute. Lorsqu'il se tenait au pied de ses marches d'avion alors qu'il quittait l'Iran pour la dernière fois en janvier 1979, des larmes coulant sur ses joues et son cancer du tueur travaillant en lui, même le cœur le plus tittle a-t-il dû ressentir une pitié pour cet autocrate déchu?
Pas le cas. Le cœur pierreux de l'ayatollah Ruhollah Khomeini ne contenait que de la rage et un désir de vengeance envers le roi des rois (la désignation officielle du monarque iranien). "Cet homme n'a pas sa place en Iran et pas de place sur terre", m'a dit Khomein dans une interview télévisée effrayante avant de quitter Paris pour Téhéran. Dans l'avion, le ramenant d'un exil de 15 ans quelques jours plus tard pour r...
[Courte citation de 8% de l'article original]