Lio, Michel Rocard, Squeezie : Thierry Ardisson en dix moments télévisés cultes

Thomas Graindorge - LePoint - 14/07
Au terme de plus de trente ans de carrière, l’animateur, mort ce lundi 14 juillet,aura su user de son impertinence pour créer des moments télévisés ancrés dans les mémoires.

Qu'on l'ait aimé ou qu'on l'ait détesté, l'homme en noir a su créer ce qu'on appelle des « moments de télévision ». De Lunettes noires pour nuits blanches (1988-1990) à Salut les Terriens (2006-2019), Thierry Ardisson, décédé ce lundi 14 juillet à l'âge de 76 ans, avait su insuffler une nouvelle énergie à l'exercice, parfois convenu, de l'interview télévisée. Les personnalités de passage dans ses émissions savaient qu'elles n'y seraient pas choyées.

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Thierry Ardisson avait le goût de la question qui fâche, pour le meilleur comme pour le pire. De nombreuses célébrités, notamment des femmes, lui ont reproché les mécanismes de ses émissions, comme Mélanie Thierry. Certaines séquences, et certaines questions, ne pourraient advenir aujourd'hui. Il n'est reste pas moins que l'animateur a créé des séquences télévisées depuis passées à la postérité.

Père et fils (Serge Gainsbourg, Lunettes noires pour nuits blanches, avril 1989)

Avec Lunettes noires pour nuits blanches, Thierry Ardisson invente un talk-show d'un nouveau genre. Adieu les décors feutrés d'un plateau de télévision. L'émission d'Antenne 2 prend place au Palace, une salle de spectacles parisienne, puis dans la discothèque Le Shéhérazade. En avril 1989, l'émission n'a que quelques mois. L'animateur convie sur son canapé Serge Gainsbourg.

Une personnalité provocatrice pour répondre à des questions qui l'étaient tout autant. Les cigarettes s'enchaînent aussi vite que les verres d'alcool. « Si tu étais un nazi, tu serais… », le questionne Thierry Ardisson. Gainsbourg interroge Gainsbarre, converse avec Bambou, la mère de son fils, Lulu. Qui apparaît sur scène, dans un extrait du Zénith de l'artiste. Avant un blind-test avec Béatrice Dalle et un antiportrait chinois : « Si tu étais une perversion ? Un supplice ? »

Une émission d'un autre temps. Pas calibrée pour la promotion classique. Elle était la pure expression du style A...
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