Jacques Renaud et la langue des pauvres

Sarah-Louise Pelletier-Morin - Le Devoir - 28/06
Alors que la pauvreté ne cesse de s’accroître au Québec, «Le cassé» retrouve une troublante actualité.

Une fois par mois, sous la plume d’écrivains du Québec, Le Devoir de littérature propose de revisiter à la lumière de l’actualité des œuvres du passé ancien et récent de la littérature québécoise. Découvertes ? Relectures ? Regard différent ? Au choix. Une initiative de l’Académie des lettres du Québec en collaboration avec Le Devoir.

L’incipit du roman Le cassé (1964) va comme suit : « Cette chambre lui a coûté cinq piasses. Une chambre ? C’est plutôt une pièce de grand placard. » À une époque mise à mal par la crise du logement et diverses mesures inflationnistes, et où beaucoup sont plus démunis que jamais, l’actualité de la phrase fait réfléchir. Cette œuvre radicale de Jacques Renaud, aujourd’hui tombée dans l’oubli, aborde la question de la pauvreté et de la violence qui en découle. Si elle nous intéresse aujourd’hui, c’est parce qu’elle pose une question qui traverse les âges : comment la littérature peut-elle donner une voix aux démunis, aux « cassés », de quelque époque que ce soit ?

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En quatrième de couverture de mon exemplaire aux pages jaunies, datant de 1977, Le cassé est présenté comme un « classique » de la littérature québécoise. Et pour cause : à sa parution, le livre connaît un succès à la fois critique et commercial. Jean Éthier-Blais écrit, dans Le Devoir du 31 décembre 1964, qu’«&nbs...
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