Le statut de la Nouvelle-Calédonie, un enjeu pour la Chine

Richard Arzt - Slate FR - 16/12
La République populaire attendra sans doute que des accords soient conclus entre Paris et Nouméa pour réapparaître activement dans l'archipel.

Les dirigeants chinois ne sont pas les mieux formés pour comprendre les processus électoraux. Le référendum sur l'indépendance qui s'est déroulé le 12 décembre en Nouvelle-Calédonie a de quoi les laisser perplexes. Il existe en Chine des élections locales où les vainqueurs sont le plus souvent encadrés par le Parti communiste. En comparaison, un scrutin en Occident, et notamment sur le territoire français, a comme particularité d'être libre. Et, en Nouvelle-Calédonie, d'avoir un corps électoral diversifié.

Les Kanaks, peuple autochtone de l'archipel, représentent environ 47% de la population. Leurs représentants, principalement le Front de libération national kanak et socialiste (FLNKS) militent pour une Nouvelle-Calédonie indépendante qui deviendrait la Kanaky. Ils avaient demandé que le scrutin soit repoussé en raison de l'épidémie de Covid. Ils ont saisi le Conseil d'État, qui n'a pas retenu leurs arguments. Dès lors, ils ont demandé à leurs sympathisants de ne pas aller voter. Résultat, le taux d'abstention a atteint les 56,13%. Quant aux Calédoniens d'origine européenne –soit près de 30% de la population– ils ont été nombreux à se déplacer et le non a atteint 96,5 % des suffrages.

Tout cela est d'autant plus surprenant –et pas seulement vu de Pékin– que, en 1998, l'accord de Nouméa avait fixé les règles de cette consultation. Si, à la question «Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?», le non l'emportait en 2018, un autre scrutin devait être organisé en 2020, puis un troisième en 2021 si le non était encore majoritaire. À chacune de ces étapes,...
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