Il y a les stridences de la star nippone Uta Abe (- 52 kg), cinq titres mondiaux depuis 2018, le dernier datant de samedi. Il y a le cri rauque du + 100 kg Toma Nikiforov lors des Championnats d'Europe d'avril dernier, au moment du badaboum décisif infligé à la France par l'équipe mixte de la Belgique.
Il y a, bien sûr, le rugissement de Joan-Benjamin Gaba lors de la finale inoubliable de cette même épreuve lors des JO 2024, lorsque le tout frais vice-champion olympique des -73 kg (et champion du monde depuis dimanche) embrase d'un même mouvement le Japonais Hifumi Abe et l'Arena Champ de Mars. Romane Dicko et Teddy Riner font, eux, plutôt partie du team « grand sourire silencieux ». Mais avec eux, l'osmose avec le public est telle que c'est presque toujours celui-ci qui donne de la voix.
Au fond, d'où vient le cri au judo ? Du fond des âges, justement, selon les puristes, lesquels le renvoient au kiai japonais, dont l'étymologie combine les notions d'énergie interne et d'unicité, et à la section dite des « Trois cris » du « Traité des Cinq roues », de Miyamoto Musashi (1584-1645). Dans cet ouvrage référence pour les adeptes des arts martiaux, le cri sur le champ de bataille est disséqué selon qu'il sert à motiver, à donner davantage de force aux coups ou à accompagner la victoire sur l'ennemi. Plus près de nous, le cri, cet ...
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