C'était en novembre sur un chantier de démolition non conforme aux normes internationales, comme la plupart des sites de démantèlement de navires au Bangladesh où la majorité finissent leur parcours.
Tombé sans harnais, Mizan Hossain, 31 ans, a eu le dos broyé. "Je ne peux pas me lever le matin", raconte-t-il assis devant la modeste maison où il vit avec sa femme, ses trois enfants et ses parents.
Celui qui avait commencé gamin à découper des pans de bateaux sans protection ni assurance ne peut plus subvenir aux besoins des siens ni se soigner. "Pour être honnête, on mange un repas sur deux et je ne vois pas d'issue à ma situation", confie-t-il.
Depuis son village, en retrait de la plage au nord de Chittagong, les grues géantes des chantiers se dessinent à l'horizon. Ici, beaucoup d'hommes travaillent dans le secteur et partagent le même destin: peu avant la rencontre avec l'AFP en février, un des voisins de Mizan Hossain a eu les doigts de pied écrasés sur un autre chantier.
A Chittagong, ville portuaire du sud du Bangladesh, le secteur de la démolition et du recyclage des navires fait travailler 20.000 à 30.000 personnes, en comptant les emplois indirects. Au prix de trop nombreux dégâts humains et environnementaux.
Pour réguler cette industrie, l'une des plus dangereuses et polluantes, la convention internationale de Hong Kong sur le démantèlement des bateaux doit entrer en vigueur le 26 juin.
Les règles strictes qu'elle doit imposer sur la protection des ouvriers et le traitement des déchets toxiques suffiront-elles pour changer la donne ?
Les armateurs occidentaux ne risquent-ils pas d'en profiter pour envoyer leurs rebuts en Asie du Sud avec bonne conscience ? La majorité de leurs bateaux sont basés en Asie, centre névralgique du commerce maritime mondial.
- Sur le sable -
Ces dernières années, sur plus de 100.000 navires en circulati...
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