Lundi de Pentecôte travaillé ou férié : comment fonctionne la journée de solidarité ?

Mathilde Damgé, Jonathan Parienté, Maxime Vaudano et Anne-Aël Durand - LE MONDE - 09/06
La contribution des salariés et des retraités a rapporté en douze ans plus de 35 milliards d’euros à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.
La journée de solidarité a été mise en place à la suite de la canicule de 2003. © ERIC GAILLARD / REUTERS / REUTERS

C’était après la canicule meurtrière de 2003 : le président Chirac et son gouvernement imaginent de sacrifier un jour férié pour financer une Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA). Assoupli en 2008, puis étendu aux retraités, le mécanisme rapporte plus de 3 milliards d’euros par an.

1. Comment cette journée de solidarité est-elle née ?

2003 : réagir après la canicule

L’été 2003 a été marqué par une canicule qui a provoqué la mort prématurée de quelque 15 000 personnes, âgées pour la plupart.

Fragilisé par son long silence estival, plombé par la gestion jugée calamiteuse du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, Jacques Chirac avait tenté de reprendre la main en annonçant une mesure symbolique : les Français allaient devoir travailler un jour férié pour financer la solidarité en faveur des personnes âgées.

Le gouvernement songe d’abord au 8 Mai, avant de trancher en faveur du lundi de Pentecôte, qui présente un double avantage. D’abord, ce n’est pas une fête religieuse – seul le dimanche de Pentecôte l’est. Et par définition, le lundi de Pentecôte ne tombe jamais le week-end et permet d’obtenir des ressources constantes.

2004 : une loi sur « l’autonomie »

Le principe de cette journée de solidarité est retranscrit dans la loi du 30 juin 2004 :

« Une...
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