L'antisèche : la légende et le prodige

Eurosport - 08/06
Carlos Alcaraz s’est relevé de tout ce dimanche en finale de Roland-Garros face à Jannik Sinner. Son sacre est celui d'un mental d'exception. L'antisèche.

Le pourquoi du comment

Peut-être fallait-t-il s’y attendre à cette folie, à cette finale indécise, délicieuse, spectaculaire et au final haletant. Dès le premier jeu, long de 12 minutes, les ogives ont plu sur le court Philippe-Chatrier et les titans se sont expliqués. Au démarrage, ce fut Carlos Alcaraz le plus entreprenant et le plus saignant sur les jeux adverses. Mais ses ratés sur les balles de break ont redessiné une dynamique finalement longtemps à sens unique. Comme face à Novak Djokovic en demi-finale, Jannik Sinner fut trop endurant, trop puissant, trop dominant pour laisser espérer une autre issue que la défaite à l’Espagnol.
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Roland-Garros

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Par ses fulgurances, "Carlitos" a survécu mais on le sentait noyé et sans vraie solution face à l'horlogerie adverse. Le créatif n'avait aucun espace artistique, harcelé dans le jeu en cadence et dans l'incapacité de casser le rythme avec ses effets ou ses amorties. Au mental, en allant parfois chercher le public – ce que n'a jamais su/voulu faire Sinner -, il a serré les dents et tenu bon. Même en cédant le premier set sur un break. Même en courbant l'échine dans le tie-break de la seconde manche. Il a su attendre une faille, une seule, pour s'y immiscer.
Au début de la troisième manche, alors que Sinner avait breaké d'entrée, il s'est offert un débreak inattendu. Rien ne fut linéaire, jamais dans cette finale. Mais le voir remporter le troisième set revêtissait une forme de logique. Reste que l'impression générale restait la même : quand Sinner veut, Sinner gagne. A 3-3 dans le quatrième set, il a réappuyé sur la pédale d'accélérateur - si tant est que cela soit possible vu le bruit engendré par ses coups de raquette - pour s'offrir un break décisif, pensait-on. Le char d'assaut italien avançait sans se retourner, au point de mener 5-3, 0-40 sur service adverse. La fin était proche, Alcaraz était dans les cordes.

Alcaraz.

Crédit: Getty Images

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