Tous les mois, nous vous proposons une sélection de restaurants à Paris, testés par notre critique gastronomique Laurent Guez.
Une ambiance d’auberge en plein Paris ? Naaaan, ça n’existe pas… Un resto qui propose de très bonnes bouteilles sans fracasser le client ? N’importe quoi ! Des bons plats à prix raisonnables dans le XVIe ? Ah ah ah, et puis quoi encore ? Vous me voyez venir : en vrai, cet endroit, je l’ai trouvé. C’est l’Auberge des Crus.
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Charles Laborde, le jeune aubergiste-passionné-de-bons-crus, a investi dans des milliers de flacons rares l’an dernier, pendant qu’il cherchait un lieu. Puis il a chiné sa jolie vaisselle et a finalement trouvé son Auberge, dans le village d’Auteuil. L’ambiance est presque provinciale, cheminée oblige. Un atout majeur quand il fait frisquet — ce qui peut arriver à toutes les saisons. L’autre avantage de l’endroit, c’est sa magnifique cave en sous-sol, où vous pouvez descendre pour choisir la quille qui accompagnera votre repas.
Charles n’a pas prévu de gagner sa croûte en assommant ses clients à coups de coeffs délirants. Par exemple, il facture un saint-joseph de chez Cuilleron 39 euros, un bourgogne aligoté de Sylvain Pataille, 58 euros. Suivant les saisons, on se régale ici avec une terrine des copains maison au foie gras, un pâté en croûte au ris de veau, des saint-jacques à la fondue de poireaux sauce champagne, une saucisse au foie gras-purée pur beurre (comme toute la cuisine), un poulpe grillé pommes Anna, des côtelettes d’agneau, un quasi de veau normand sauce poulette. Tout pour se faire plaiz.
L’Auberge des Crus, 13, rue Bosio, Paris XVIe. Tél. : 01.56.07.10.38. Comptez 40 à 50 euros, hors boissons
Le patron du Tire-Bouchon Rodier, bistrot récemment distingué d’un Bib gourmand par le Guide Michelin, sait cuisiner. Ancien bras droit de Jean-François Piège au Thoumieux, Marc Favier avait même décroché une étoile avec son restaurant Marcore. Ici, dans le IXe arrondissement de Paris, il propose une ardoise pleine à craquer de petites assiettes gourmandes. Avec un coup de bourgogne aligoté Les Chanterelles de Guy Bocard, très agréable, on en a partagé plusieurs.
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Elles ont pour points communs les goûts marqués — tant mieux — et, tout de même, un côté un poil trop riche si on en déguste quatre ou cinq d’affilée, même à deux. En tout cas, on a adoré la pissaladière surmontée d’oignons frits, les frites au couteau (un genre de perfection), et la tombée d’épinards au vieux comté, relevée par des petits segments de citron confit (un méchant régal).
Pas mal : les pommes dauphines aux carottes, orange et gingembre. Mais moins réussis : les couteaux à la marinière aux poireaux et à la moutarde, dont la sauce crémeuse camouflait un peu le goût du coquillage, ou ce spectaculaire cordon-bleu au vacherin fribourgeois, très prometteur mais un peu too much à mon goût. Cela dit, à condition de bien choisir l’équilibre de ses assiettes, ce Tire-Bouchon est quand même une très bonne adresse.
Le Tire-Bouchon Rodier, 47, rue Rodier, Paris IXe. Tél. : 01.86.04.27.17. Assiettes de 3 à 18 euros (comptez une quarantaine d’euros pour être calé). Formules déjeuner à 21 et 26 euros
Quand vo...
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