Ma petite enfance s'est déroulée dans une ferme de province, en France, précisément en Sologne où je suis arrivé à l'âge de deux ans. Et, à deux ans, on a aucune perception du monde. C'était une enfance insouciante passée au milieu de la forêt, des étangs et le gibier. Cet environnement a dû forger peu à peu ma sensibilité à la vie de la terre tant humaine qu'animale.
Effectivement, à 14 ans, je suis revenu à Paris. C'est là que j'ai découvert mes contemporains, c'est-à-dire la planète entière, différente de ce que je connaissais de la Sologne. Le monde était en ébullition où tout semblait possible. Nous étions dans l'après-guerre en France, mais la guerre se poursuivait en Indochine, en Algérie par la même France. Paradoxalement, cette France se reconstruisait autour des valeurs de mécontentement social. Mon cercle de fréquentation était le monde ouvrier. Il y avait même une « aristocratie ouvrière » qui comprenait toutes les professions, de l'employé à l'intellectuel. La condition des démunis et des oubliés a pu laisser sur moi une empreinte qui sera déterminante dans mon travail. Car déjà, je donnais des représentations sous forme de sketches humoristiques et de spectacles visuels. Je me produisais aussi dans les cabarets de la Rive gauche où j'ai connu Pierre Perret, Jean Ferrat, Léo Ferré, Barbara. J'ai fait des tournées avec eux qui m'ont conduit sur les scènes les plus célèbres, notamment Bobino et L'Olympia. Ces expériences ont abouti au disque « Lâcher les chiens » , un clin d'oeil à la fois à Césaire, au Sud-africain Athol Fugard et à la lutte du mouvement des Blacks Panthers aux Etats-Unis. Le disque avait reçu le prix de l'...
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