Gaston : "On m'a mis tout en haut puis tout en bas de l'affiche"

Eurosport - 23/05
Pendant 50 minutes, Hugo Gaston (78e mondial) a accepté de se livrer en profondeur pour Eurosport. Roland-Garros, sa carrière, ses ambitions. Entretien.
Par Timothé Crépin
Question : Hugo, c'est quoi la sensation d'un joueur comme vous quand Roland-Garros arrive ?Hugo Gaston : Déjà, très excité ! Forcément, c'est le tournoi qu'on attend le plus de l'année. On a envie d'y être, de bien faire devant notre public, à la maison.
Ça trotte dans la tête à partir de quand ?H.G : J'habite à côté. Dès que je vais m'entraîner, je passe devant. Je vois donc l'évolution, les choses qui bougent autour en vue du début du tournoi... Donc on y pense.
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Si on vous dit que votre premier Roland va bientôt avoir cinq ans...H.G : Ça commence à dater ! Ça va être la sixième fois que je joue dans le tableau final. Je me considère chanceux d'y être chaque année. J'ai eu la chance de bien jouer deux fois. Je sais les émotions que ça procure. Pour le public, pour moi. J'ai envie de revivre ces moments.
Sur ce Roland 2020, quel premier souvenir vient instantanément ?H.G : Le match contre (Stanislas) Wawrinka (3e tour ; 2-6, 6-3, 6-3, 4-6, 6-0). Ma première victoire contre un tel joueur. Il était dans le top 20 (n°16). Je pense aussi au match contre (Dominic) Thiem (n°3), malgré la défaite (8e de finale ; 4-6, 4-6, 7-5, 6-3, 3-6). Je suis mené deux sets à zéro, j'arrive à revenir à deux partout. Je ne suis vraiment pas loin de gagner au cinquième set. Ça reste un moment de dingue. À ce moment, j'étais, je crois, 200e mondial (239e). Ça te pousse à vouloir revenir.

Hugo Gaston crée la sensation en 2020 en terrassant Stanislas Wawrinka au 3e tour de Roland-Garros

Crédit: Getty Images

En 2020, Wawrinka ne me connaissait pas, je l'ai pris par surprise
Il vous arrive parfois de vous refaire le film de cette folie face à Wawrinka ?H.G : Oui. J'aurais vraiment aimé que le stade soit plein à ce moment. Vivre le même match, avec le même scénario (rires), mais avec du monde dans le stade... Partager ce moment-là avec le public, ça aurait été un truc de dingue. La période a fait que ça a été assez compliqué. J'aimerais vivre ce genre de moment chaque année. J'ai réussi à le vivre un petit peu contre (Alex) de Minaur (n°19) en 2022 (1er tour ; victoire 4-6, 6-2, 6-3, 0-6, 7-6). Le stade était plein et j'avais gagné en cinq set à l'arraché. Un très, très bon souvenir.
Si on vous demande de choisir un seul point de votre match contre Wawrinka...H.G : La balle de match. Au troisième tour de Roland-Garros, pour aller en deuxième semaine. Je me souviens très bien du scénario... Comme cette longue interruption à cause de la pluie, au début du troisième set. Quand on a repris, j'ai très bien joué. Il y a des petits moments qui me reviennent, comme au début du match aussi, quand il me lamine, il me met 6-2. Il me mettait à la rue sur chaque frappe. Mais à l'époque, Wawrinka ne me connaissait pas. Moi, je le regardais à la télé depuis tout petit. Je l'ai pris par surprise.
On vous en parle combien de fois par mois de ce Roland-Garros ?H.G : C'est marrant parce que dès que Younes (El Aynaoui, son entraîneur) croise un fan de tennis, il va lui parler de son match face à (Andy) Roddick (quart de finale de l'Open d'Australie ; défaite 21-19 au 5e set d'El Aynaoui). Et moi, c'est un peu la même chose avec Wawrinka ou Thiem. Donc on se taquine un petit peu avec ça. On ne m'en parle pas tous les jours non plus, mais quand des personnes sont fans de tennis, oui, elles me parlent souvent de ce Roland. C'est assez drôle.

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Video credit: Eurosport

Depuis 2020, estimez-vous avoir déjà atteint le niveau affiché lors de ce Roland-Garros ?H.G : Oui,...
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