Depuis quelques années, la santé mentale est partout. Le Covid et ses confinements successifs est passé par là, le sujet a tout à coup été mis en lumière, sous de nouveaux atours. Depuis, elle s’est popularisée et vulgarisée : campagnes de sensibilisation, journées mondiales, contenus bien-être sur les réseaux, elle se déploie sous toutes ses formes. En 2025, elle devient même Grande Cause nationale. Mais derrière cette omniprésence, une question reste en suspens : et si cette explosion du discours sur la santé mentale servait aussi à invisibiliser ses causes profondes ? Notamment en ce qui concerne le monde du travail.
Car au travail, la souffrance ne faiblit pas : +25 % de pathologies mentales depuis la pandémie, selon les chiffres relayés par Le Parisien, des burn-out toujours plus nombreux et une détresse psychologique désormais assimilée à un « risque professionnel » parmi d'autres, qu’il suffirait de gérer. Or, ce que beaucoup de soignants dénoncent aujourd’hui, c’est une dérive : on ne soigne plus ce qui rend les gens mal, on aide les individus à s’adapter à ce qui les abîme. C’est en tout cas le propos du psychiatre Mathieu Bellahsen.
« Le cadre actuel de la santé mentale est fortement compatible avec le néolibéralisme. » — Mathieu Bellahsen, psychiatre — France Culture
Avant le Covid, il y a eu le tournant de l’année 2000. En 2001, l’OMS met en place une année mondiale de la santé mentale et déclare qu’il faut ...
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