Ce pourrait être une rue de la banlieue de Lille comme les autres – des briques rouges, des trottinettes en libre-service abandonnées au milieu du trottoir, des voix d’enfants provenant d’une crèche. Mais pourtant, sous le ciel ensoleillé de Roubaix en ce mercredi de mai, la rue Kellermann n’est pas une rue comme les autres. Ses façades de briques rouilles abritent l’un des neuf centres de données d’OVHcloud du nord de la France : « Roubaix 8 ». Derrière ses murs se trouve une partie des « 120 000 serveurs physiquement présents » du champion du cloud français, soit près de 20 à 25 % de l’activité du groupe dans le monde.
Une casquette fluo de protection sur la tête et des chaussures de sécurité aux pieds, il faut passer par un sas de sécurité qui vous pèse et vous photographie pour pouvoir entrer dans l’antre du premier hébergeur de cloud européen. C’est peut-être ici que le champion français de « l’informatique en nuage », au milliard d’euros de revenus, héberge les milliards de données provenant d’entités publiques et privées. Ces derniers mois, leur intérêt pour un « cloud européen et souverain », une carte brandie depuis des années par OVH, a été démultiplié après le revirement géopolitique américain.
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Tandis que nous passons par une dernière cabine de contrôle et que nous entrons dans le fameux bâtiment, nous repensons à cette promesse, sur le papier, alléchante : pouvoir voir et raconter ce qui se cache derrière nos multiples consommations numériques : streaming, réseaux sociaux, messageries, gaming et désormais outils d’IA comme ChatGPT, Gemini et Le Chat, dont l’alpha et l’oméga, la donnée, est peut-être stockée ici. Pour la première fois ...
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