Le mot travail vient-il vraiment de « tripalium » ?

Romane Ganneval - LePoint - 12/05
Attribuer une origine douloureuse au travail est devenu un réflexe. Mais cette histoire ne tient pas. Derrière le succès du mot « tripalium », c’est tout un imaginaire contemporain qu’il faut interroger.

À quoi servent les mots ? À nommer, à classer, à rendre le réel un peu plus net. Mais ils font aussi autre chose : ils orientent une manière de voir. Leurs racines, souvent oubliées, en disent parfois plus long que leurs usages. Prenons un mot à succès dans la novlangue managériale : collaborer, du latin collaborare, « travailler avec ». Une formule souple, sans contours précis. Pas de hiérarchie, pas de direction commune : chacun avance, parallèlement aux autres, sans forcément se croiser. Coopérer, c'est autre chose. Et pour cause, cooperare, en latin, signifie « faire œuvre commune ». Le mot suppose une intention, une direction, un projet. Derrière cette nuance en apparence légère, deux visions du travail s'opposent : d'un côté, une forme libre, horizontale ; de l'autre, une organisation structurée, tournée vers la réussite d'un objectif commun.

La newsletter Économie

Tous les jeudis à 17h

Recevez le meilleur de l’actualité économique.

Votre adresse email

Votre adresse email n'est pas valide

Veuillez renseigner votre adresse email

Merci !Votre inscription a bien été prise en compte avec l'adresse email :

Pour découvrir toutes nos autres newsletters, rendez-vous ici : MonCompte

En vous inscrivant, vous acceptez les conditions générales d’utilisations et notre politique de confidentialité.

Quand LinkedIn rejoue le supplice antique

Et puis il y a ce mot dont on parle comme s'il détena...
[Courte citation de 8% de l'article original]

Loading...