Pierre Rabhi était un homme pluriel et singulier. Pluriel, car tout à la fois agriculteur bio dans ses Cévennes aimées, essayiste, écologiste, poète et romancier. Cet homme à la silhouette fine mais non fragile, le visage au regard végétal sur lequel se lisaient ses origines sahariennes, avait aussi une singularité de paroles et de parcours. Né Rabah Rabhi en 1938, musulman dans le Grand Sud algérien, confié à l’âge de 5 ans à un couple français catholique, converti ensuite au christianisme. Singulier également, car il a pu se faire aussi philosophe, voire prophète. Philosophe quand il observait la société de (sur)-consommation, ses failles et faillites, l’argent-roi, il partagera peut-être le mot de Léon Bloy qui disait que « l’argent, c’est le sang des pauvres ».
Prophète aussi. Mais sans imprécation et anathème. Le ton restait égal, la voix demeurait douce, mais les avertissements étaient là, annonçant apocalypse écologique et feu du ciel en pluies acides et nuages noirs de charbon. Pour ceux qui cherchaient encore chez lui un Manifeste du parti écologiste, ce petit livre vert n’existait pas. Mais Pierre Rabhi a compilé dans divers livres, en auteur prolixe de La Convergence des consciences à La Part du colibri ou encore un Manifeste pour des oasis en tous lieux, toute une philosophie simple, qui s’adresse en individualité à chacun. Des documentaires aussi, de L'Odyssée de l'empathie à Demain, films dans lesquels il a promené sa figure désormais presque en signature logo, chemise à carreau, pantalon de velours côtelé, bretelles et sandales.
Pas de lendemains q...
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