Chaque ville est marquée par une onde sonore qui la qualifie, une rumeur unique qui la distingue de toutes les autres. Fermez les yeux et essayez d'imaginer la signature sonore de Brazzaville, cette capitale du Congo qui doit son nom à l'explorateur Savorgnan de Brazza et qui fut capitale de l'Afrique équatoriale française et, un moment, de la France libre. Ce qui frappe en premier lieu, c’est son empreinte. Elle n’est ni comme celle de New-York, dense, très dense, ni comme celle de Dakar épaisse de chaleur, d'Abidjan à l’atmosphère humide et vibrionnante, de Casablanca très tonique, de Paris tout en retenue, de Londres aux accents métalliques ou de Johannesburg au caractère granuleux. La question de savoir comment définir l’empreinte sonore de Brazza se pose donc d'emblée dès qu'on sort de l'aéroport international Maya Maya. C’est un doux mélange poivrée cassonade, et le meilleur moment pour la goûter est certainement le petit matin. Elle s’apprivoise plus facilement avec la petite brise qui accompagne les premières lueurs de la journée et atténue légèrement la chaleur tropicale.
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Aux petits matins se mélangent les klaxons de taxis, les chants des tisserins, ces petits oiseaux aux couleurs arc-en-ciel et vous pouvez entendre un crieur de rue au petit matin, aboyer « Avocat ! citronnelle ! ». Il n’est pas rare d’entendre quelqu’un parler fort, mais jamais sans agressivité.
Avant ou après le petit-déjeuner il est agréable de marcher dans Brazzaville qui possède l’énorme avantage d’avoir des larges trottoirs, ce qui est plutôt rare dans des villes africaines complétement parasitées par une certaine culture de la voiture. Brazzaville a fait d’énormes progrès en matière de propreté. Les rues sablonneuses et jonchées de déchets sont rares dans le centre. Tout cela dans un environnement marqué par une certaine harmonie architecturale même si de no...
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